lundi 2 avril 2012 5 commentaires

Calme et attentif comme une grenouille

         Oh là là grande découverte pour moi cette semaine avec le livre de Eline Snel : Calme et attentif comme une grenouille ! Cette femme a mis au point une méthode de méditation adaptée aux enfants. Les bienfaits de sa méthode sont tels que le ministère de l'Education des Pays-Bas a décidé d'offrir à tous les enseignants qui le souhaitent une formation dans son Académie !
Dans la préface, Christophe André parle justement des bienfaits de la méditation pour les enfants en faisant référence à des travaux qui constatent les effets bénéfiques sur les enfants, sur leur "équilibre émotionnel, leurs capacités de résilience, la qualité des échanges familiaux et les capacités attentionnelles, notamment dans le travail scolaire et les apprentissages".
Ce livre apporte des outils pour guider nos enfants vers plus d'attention, pour les amener à se familiariser avec ces émotions qui les traversent, avec ces pensées qui les tourmentent et qui les empêchent parfois de s'endormir, pour les amener à ne plus être dans la réaction immédiate aux événements et à appuyer sur le bouton "pause". Très riche, donc !
Je pratique la méditation depuis plusieurs années et je suis ravie à présent de partager ces moments-là aussi avec mes enfants, même si, pour l'instant, mon enthousiasme n'est pas super contagieux :-p. Tant pis, je me régale toute seule à écouter la si jolie voix de Sara Giraudeau et je laisse à mes enfants le temps de se familiariser avec ce nouveau support. Je gage que bientôt, ils seront aussi fans que moi de la grenouille !

Voici un extrait : la méditation de la petite grenouille :


Une méditation

          Depuis quelque temps, dès son lever le matin ou dès qu'il rentrait de l'école, Martin se jetait sur l'ordinateur pour y regarder des jeux en ligne. Cela m'agaçait vraiment. Le caractère impulsif de son comportement, le fait que rien d'autre n'existait à ce moment-là, qu'il fallait que vite vite vite, il aille sur l'ordinateur provoquait chez moi des sentiments très désagréables. Je gérais comme je pouvais, souvent en m'éloignant mais cette sensation d'agacement revenait à chaque fois que la situation se représentait et ça m'était pénible.
Qui n'a pas déjà eu la sensation que son enfant venait appuyer sur ses points sensibles ? Et qu'il venait même parfois appuyer avec insistance au même endroit ?
En fait, quand un comportement de notre enfant nous fait réagir, c'est le signe qu'il y a un événement dans notre histoire (passée ou présente) avec lequel nous ne sommes pas en paix. Parce qu'on a été blessé à ce moment-là, parce qu'on a été en danger... Bref, notre réaction est un signal qu'il y a quelque chose qui est encore actif en nous.  Les comportements de nos enfants qui nous font réagir sont donc une formidable occasion qui nous est offerte pour amener de la paix dans ces zones en nous qui ne le sont pas encore.
Pour ce faire, il n'est pas nécessaire d'identifier précisément les événements en question mais simplement d'identifier dans notre corps la zone sensible (notre corps garde en mémoire toutes nos expériences passées) et de lui accorder toute notre attention. Rappelez-vous cette phrase de Carl Jung que j'ai déjà citée ici : "Tout ce à quoi l'on résiste, persiste et tout ce que l'on embrasse s'efface". Il s'agit bien de cela, d'accueillir ce qui est là pour que flouf, ça s'envole ! Vous êtes prêts ?

Je vous invite à vous livrer à cette expérience inspirée de ma pratique de la méditation que j'ai adaptée à la relation parent-enfant:


  • Pour commencer, identifiez un comportement de votre enfant qui génère en vous de l'agacement voire de la colère ou du rejet.
  • Mettez des mots sur ce comportement comme je l'ai fait plus haut avec ce qui se passait avec Martin.
  • Choisissez un moment où vous avez l'assurance de ne pas être dérangé(e) pendant une dizaine de minutes.
  • Fermez les yeux
  • Visualisez la scène avec votre enfant et dirigez votre attention sur votre corps pour identifier la zone de votre corps qui entre en résonance avec le comportement de votre enfant. Ainsi, vous vous mettez en lien avec ce qui vous appartient dans cette histoire. Cela peut être une sensation diffuse ou très précise. Cela peut être dans n'importe quelle partie de votre corps : la gorge, le plexus, les pieds, les mains...
  • Accueillez cette sensation sans essayer de la changer. Accordez-lui toute votre bienveillante attention.
  • Maintenez cette attention une minute ou 2. Des pensées peuvent venir, laissez-les passer et continuez de vous concentrer sur cette sensation.
  • Visualisez de nouveau la scène avec votre enfant. Est-ce que votre réaction est la même ? Vous sentez-vous plus apaisé(e)?
  • Renouvelez cette expérience les jours suivants jusqu'à ce que le comportement de votre enfant n'éveille plus d'émotions particulières.


Pour travailler sur mon agacement, j'ai fait cette méditation 3 fois, 3 jours de suite. Au bout de 3 fois, quand je visualisais Martin se jetant sur l'ordinateur, je ne ressentais plus rien. Raaaaaah c'était bon ! Le soir suivant, en rentrant de l'école, Martin a demandé à prendre un bain plutôt que d'aller sur l'ordi. Le 2ème soir, il a sorti ses toupies Beyblade. Depuis, il a recommencé à aller sur l'ordi mais moins souvent et moins dans cette urgence dans laquelle il était auparavant et moi, ça n'éveille plus rien en moi. 
Vous trouvez cela surprenant ? Je vous invite tout simplement à l'expérimenter par vous-même ! Laissez toute sa place à l'expérimentation sans essayer de comprendre ou d'analyser ce qui se passe, VIVEZ-le !
lundi 26 mars 2012 2 commentaires

Jesper Juul

           Jesper Juul est un écrivain et thérapeute familial danois dont les livres commencent à être traduits en français. Quelle chance ! Cette semaine, j'ai lu "L'art de dire non en ayant la conscience tranquille" (j'adore ce titre !) et j'ai l'élan de partager avec vous quelques extraits (les passages en gras sont en gras dans le livre) :

"Les adultes prennent souvent le non des enfants personnellement et n'entendent pas que c'est un message que les enfants s'adressent à eux-mêmes, et non pas contre les grandes personnes. Ils le font pour exprimer leurs limites, et pour que les adultes puissent prendre la mesure de cet enfant qui les aime si inconditionnellement. Ce n'est pas un motif conscient et réfléchi, mais ça vaut la peine de l'appréhender de la sorte."

"Lorsque je regarde en arrière ma vie professionnelle et ma vie privée, je peux constater que la plupart des difficultés et des conflits familiaux surgissent, entre autres, parce que les membres de la famille ne disent pas non quand ils le pensent ; lorsqu'ils n'expriment pas leurs limites et qu'ils ne sont pas clairs (...) Non pas que nous nous "refusions" les uns et les autres trop peu, mais parce que nous faisons trop peu attention à nos limites individuelles et à nos besoins, et nous finissons par en attribuer la faute aux autres."

"Je rencontre presque tous les jours des parents malheureux et frustrés, parce que leurs enfants ne les "écoutent" pas, ne "coopèrent" pas ou ne "comprennent" pas ce que les parents tentent si durement de leur communiquer. "Si tu savais combien de fois on lui a dit..." me disent-ils. Quand ils décrivent le comportement de leurs enfants, tout porte à croire qu'ils sont de mauvaise volonté, qu'ils ne veulent pas coopérer et qu'ils se moquent  complètement de ce que leurs parents leur disent. A très peu d'exceptions près, le comportement des enfants change dès que les parents trouvent les mots et les sentiments appropriés, et apprennent à les exprimer."

"Il ne s'agit pas de "bien parler" mais de s'exprimer personnellement"

" Dans la vie de famille, il n'est pas question d'avoir un gagnant, mais que tous puissent avoir, le plus possible de ce dont ils ont besoin et le moins possible de ce qui leur est nuisible."

"Dans une société de surabondance, il y a beaucoup d'exigences envers l'intégrité et la morale des parents. Les enfants demandent constamment ce qu'ils désirent le plus, la tâche des parents est de garder leur calme. La question principale est : "Est-ce que je peux donner volontairement à mon enfant ce qu'il veut, lui donner de bon coeur sans demander autre chose en échange ?" "

"C'est le plaisir de se prendre en charge et le consentement au droit de l'autre personne de faire la même chose qui rendent le non personnel chaleureux et fructueux"


"Les enfants apprennent très vite à respecter les limites et les besoins d'autres personnes quand on se sert d'un non personnel. Ce que les enfants souhaitent le plus est de coopérer avec leurs parents et ils peuvent facilement respecter leur "personne". Si, au lieu de ça, on installe des règles et des limites ou alors qu'on se réfère à l'âge ou à la tradition, les enfants sains tenteront encore et encore de tester la validité de ces règles. La conscience du fait que papa et maman pensent ce qu'ils disent (et redisent) et disent ce qu'ils pensent, voilà presque le meilleur cadeau et le cadeau le plus durable que l'on peut donner à ses enfants."

"Il n'y a pas de différence entre l'art de dire non à son partenaire adulte et à ses amis proches et l'art de dire non à ses enfants, parce qu'il est fondé sur la capacité et la volonté de chacun de se dire oui à soi-même en ayant bonne conscience. La plupart d'entre nous sommes obligés de commencer par dire oui à nous-mêmes et d'attendre patiemment que la bonne conscience commence à pénétrer la couche de culpabilité, de mauvaise conscience et d'angoisse de la perte, une couche dont l'épaisseur et la dureté peuvent être comparées au revêtement goudronné d'une autoroute. Nous sommes dans notre "bon" droit de dire oui ou non quand nous le souhaitons, mais c'est un droit que nous devons saisir de notre propre initiative. C'est très rare qu'il nous soit offert ou donné."

"C'est un secret bien gardé que la plupart des choses que nous disons aux enfants en tant qu'éducateurs ne leur font que très peu d'impression et bien brièvement. Ce qui les impressionne vraiment à long terme et ce qui les influence réellement, pour leur avenir personnel et pour la façon dont ils se sentiront eux-mêmes, ce sont nos actes. C'est la façon dont nous sommes présents dans notre vie et dans le monde qui forme des traces durables dans le développement de la personnalité des enfants. Cela signifie que l'on obtient le plus grand succès en tant qu'éducateur lorsque nos paroles sont cohérentes avec nos actes et avec notre personne."



Encore des étiquettes !

             Cette semaine, j'ai été attentive aux étiquettes posées par mes enfants sur les autres et j'en ai relevé tout un florilège "Martin, t'es le plus méchant de la Terre" "Paul, t'es vraiment nul !" "Maman, t'es vraiment pas gentille (ou pire :-p) !"
Mes enfants sont en apprentissage. C'est encore difficile pour eux de se connecter à ce qui se passe pour eux et de ne pas être dans la réaction à ce que fait l'autre par le jugement, l'accusation ou le reproche, surtout quand ils sont aux prises avec des émotions fortes comme la colère. Je suis là pour les guider sur ce chemin, comme le tuteur d'une plante qui chuchoterait : "Regarde en toi, tout se passe toujours d'abord en toi !"

Comment les guider dans cet apprentissage, leur donner des repères tout en nous écoutant nous-mêmes dans nos limites ?


     Pour répondre à cette question, j'ai été attentive à mes réactions, elles ont été de plusieurs ordres :

  • Faire la sourde oreille :-p . Si ça ne leur pose pas de problème ni à l'un ni à l'autre, je laisse couler. J'accepte pleinement qu'il en soit ainsi, qu'ils ne soient pas encore en mesure d'exprimer leur désaccord ou leur colère autrement.
  • M'éloigner de la situation. Oui, quand je sens que ça m'agace, que mon état émotionnel ne me permet pas de vivre la scène sereinement, je change de pièce. Et souvent, j'observe que le fait de m'écouter dans mes limites amène mes enfants à aller puiser dans leurs ressources qu'ils ont bel et bien.
  • Accueillir avec empathie ce qui a besoin d'être accueilli. "Mamannnnn, Martin il m'a dit que j'étais méchannnnnnt" "Oh, c'est  très désagréable pour toi d'entendre ça..." "Bah oui !" 
  • Les guider vers la reconnaissance de ce qui se passe pour eux. "Oh, tu es en colère car je ne veux plus que tu fasses du roller dans l'appartement ?" "Bah oui !!!"
  • Arrêter la situation quand elle part en ping-pong ("Non, c'est toi qui es méchant d'abord ! ") " STOP, je ne vois pas d'enfants méchants ici, je ne vois que des enfants qui ont encore du mal à communiquer !"
  • Les guider avec une médiation. Je les invite alors à se recentrer sur eux, sur leurs ressentis et à partager cela avec l'autre, à entrer en relation avec l'autre et à expérimenter le dialogue dans ces cas-là.

Les étiquettes posées par nos enfants sur les autres sont le signe qu'ils éprouvent encore des difficultés à partir d'eux et de leurs ressentis. Ils ne sont alors plus en lien avec eux-mêmes mais en réaction à l'autre. Je vous invite donc à les accompagner sur ce chemin (en expérimentant ces différents outils), à attirer leur attention sur ce qu'ils ressentent jusqu'à ce qu'ils puissent le faire dans leur autonomie. En vous assurant au préalable qu'il en est de même pour vous (cf dernière citation tirée du livre de Jesper Juul ;-) ), êtes-vous à l'aise avec l'expression de vos sentiments ? Si cela vous pose problème, je vous propose d'y aller pas à pas et de vous exercer avec vos enfants : quand vous sentez un jugement arriver ("Oh purée qu'il est bavard !"), concentrez-vous d'abord sur vous et ce que vous ressentez ("J'ai besoin de calme") et faites en sorte de répondre à votre besoin. Exercez-vous à cette vigilance, cela deviendra bientôt un automatisme !








lundi 19 mars 2012 1 commentaires

Ouste l'étiquette !

      Paul cherche souvent ses affaires, j'en avais parlé ici : http://amandadutruch.blogspot.fr/2011/11/le-rangement.html. Quand je lui demande d'aller chercher quelque chose de spécifique dans notre placard à nourriture, il y va de bon coeur mais très souvent, il revient bredouille alors que les aliments sont plus ou moins toujours rangés aux mêmes endroits. Ce matin, pourtant, alors que Martin cherchait son super lanceur de toupies, c'est Paul qui s'est souvenu où il était. Quelle belle occasion de lui présenter une nouvelle image de lui ! Pour se faire, j'ai utilisé 2 outils issus du livre "Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent": recherchez des occasions pour lui présenter une nouvelle image de lui-même (p. 258) et faites en sorte qu'il vous entende dire des choses positives à son sujet (p. 260). 
Dans un premier temps, je suis allée le voir, me suis mise à sa hauteur et lui ai dit : "Martin cherchait depuis un bon moment son launcher grip et toi, tu t'es souvenu où il était. J'appelle ça de l'observation !".
Puis, alors que son père, Paul et moi-même étions seuls (quand j'utilise cet outil, je privilégie des moments où mes autres enfants ne sont pas là car j'ai observé que cela pouvait créer des rivalités entre eux ensuite) j'ai dit à Christophe : "Hé, tu sais, ce matin, Martin cherchait son lanceur de toupies et Paul s'est souvenu où il était et l'a apporté à son frère. J'appelle ça de l'observation !". Rhoooo la mine radieuse de Paul à ce moment-là !

Les étiquettes que l'on se colle du style "je suis timide" "je suis maladroit(e)"  sont restrictives quant à nos possibilités réelles. Plus on les manipule "Oh là là, y'a rien à faire, je suis vraiment maladroite !" plus on y croit et plus on pense qu'elles font partie de nous, elles SONT nous : "je suis cette timidité, cette maladresse". Bien entendu, ce n'est pas vrai et même si ces étiquettes nous collent à la peau, nous pouvons nous en affranchir. Allez ouste l'étiquette :-p ! Vous avez une étiquette dont vous aimeriez vous défaire, qui vous empêche de vous épanouir pleinement ? Déjà l'identifier est une étape importante puis je vous invite à commencer par de petits actes, de petites choses pour vous en défaire doucement mais sûrement. "Les petits ruisseaux font de grandes rivières" écrivait Ovide.
Affranchissons-nous petit à petit de ces étiquettes limitantes et embarquons encore une fois nos enfants sur ce chemin ! Ces 2 outils de Faber et Mazlish répondent parfaitement à ce but. Il y en a un autre que j'utilise très souvent aussi, c'est  "Soyez le coffre aux trésors de ses bons coups" (p.262), je rappelle alors à mon enfant la ou les fois où il a dépassé cette étiquette. Je l'utilise en ce moment avec Nathan qui hésite à s'affranchir de son statut de bébé, je l'utilise sans attendre quoi que ce soit, simplement pour que lui reviennent en mémoire ces moments-là.

Mandala réalisé par Martin


Emission "Phase du non : comment passer le cap ?"

        Isabelle Fillliozat était une des invités de l'émission Les Maternelles du jeudi 15 mars dont le thème était "Phase du non : comment passer le cap ?" Cette émission apporte des éclairages très intéressants sur cette phase, permet de mieux comprendre ce qui se passe pour nos enfants et donc d'adapter notre manière de faire avec eux.
Voici le lien de l'émission :


Et voici ma sélection :

  • 12'20"=> 13'32"
Dans ce passage, Isabelle Filliozat explique que pendant cette phase qu'elle appelle la phase d'autonomisation, l'enfant prend des distances par rapport à ses parents. Cette phase répond au besoin de l'enfant de se différencier de l'adulte, de devenir un individu à part entière.

  • 16'15"=> 20'20"
 I. Filliozat nous apporte un repère supplémentaire : les enfants de 2 ans ne sont pas encore en mesure de comprendre la négation dans une phrase. Une consigne comme "Ne touche pas le placard !" amène plusieurs images mentales : "le placard", "toucher" et "ne pas" que l'enfant de 2 ans n'est pas en mesure de traiter en même temps. En plus de ça, à cet âge-là, l'intelligence de l'enfant est avant tout sensori-motrice, il va donc associer la compréhension qu'il a du message avec le mouvement, c'est pourquoi il va toucher le placard. Faire le geste interdit est un moyen pour l'enfant de s'approprier la consigne : "C'est bien ça, maman ?"Une réponse appropriée serait donc de dire : "Oui, mon chéri, c'est exactement ça que je t'ai interdit de faire. Maintenant, ce placard reste fermé". Intéressant, non ?

  • 25'45" => 28'05"
Dans cette séquence, I. Filliozat explique que ce que les parents vivent comme étant de la provocation, de l'opposition est une perception erronée. Il s'agit à cet âge-là pour l'enfant de s'autonomiser, de développer son libre arbitre. Son "non" ne vient pas en réaction à ce que lui demandent ses parents, c'est un oui à lui-même "Oui, je suis un individu à part entière, oui, je peux faire des choix moi-même". Du coup, les ordres et les consignes avec des "on" : "on va dehors" "on va manger" sont problématiques pour l'enfant car il ne se sent pas exister. D'où l'importance de le laisser raisonner seul pour qu'il puisse développer son libre arbitre ("il pleut donc je vais mettre mes bottes"). Euh, ça m'éclaire sur ce que je vis souvent avec Nathan en ce moment quand c'est le moment de partir à l'école pour aller chercher ses frères, je vais modifier mon "on va à l'école" ;-)

  • 36'09"=> 37'40"
Une maman présente les outils qu'elle a mis en place chez elle autour de la proposition et du choix.

  • 40'08 
Une citation que j'aime bien : "La colère, c'est comme un iceberg, comme un glaçon dans un verre. Si j'essaie de faire diminuer la colère, elle ressort ailleurs" Oui, quand la colère est là, il faut qu'elle s'exprime, qu'elle sorte. Distraire l'enfant quand la colère se manifeste, c'est avoir l'assurance qu'elle reviendra à la surface à un autre moment, souvent avec une intensité plus forte. Laissez donc toute la place à cette colère quand elle se présente, pour reprendre l'image de I. Filliozat,  laissez le glaçon fondre ;-)



lundi 12 mars 2012 6 commentaires

Faber et Mazlish

            Aujourd'hui, je souhaiterais vous présenter les livres de Adele Faber et Elaine Mazlish qui m'ont ouvert beaucoup de portes dans la communication parents-enfants et qui représentent pour moi une mine d'or d'outils langagiers et de réflexions sur la relation parents-enfants. Oui oui tant que ça ;-)

  • Parents épanouis, Enfants épanouis. Ce premier livre est très facile à lire, très vivant car jalonné d'exemples concrets. Je recommande de commencer par celui-ci, c'est une excellente manière de rentrer dans l'univers du travail de ces 2 Américaines.

  • Parler pour que les enfants écoutent, Ecouter pour que les enfants parlent est très didactique grâce à ses BD illustrant les points abordés  et ses fiches récapitulatives. Il se décline en 6 chapitres : aider les enfants aux prises avec leurs sentiments, susciter la coopération, remplacer la punition, encourager l'autonomie, utiliser les compliments et aider les enfants à se dégager des rôles qui les empêchent de s'épanouir.

  • Jalousies et rivalités entre frères et soeurs apporte des éclairages très intéressants sur les relations dans la fratrie avec toujours des BD et des fiches récapitulatives qui s'avèrent très utiles quand on commence à mettre en place les différents outils.

  •  Parler pour que les enfants apprennent à l'école et à la maison. Dans cet ouvrage destiné plus particulièrement aux enseignants, Adele Faber et Elaine Mazlish présentent des outils pour accompagner enseignants et élèves dans les difficultés qu'ils peuvent rencontrer.

       J'ai découvert ces livres il y a 5 ans. Je les ai dévorés. Il faut dire qu'ils répondaient exactement à mes questionnements et aspirations du moment ;-) Après la phase "je dévore, oh purée, c'est vraiment génial :-p" est venue la phase de mise en pratique, d'expérimentation des nombreux outils. Vraiment nombreux les outils, hein ! Ce qui m'a aidée à ce moment-là a été de suivre les formations pour parents (Ecouter pour que...et Jalousies et Rivalités...) Les échanges au sein du groupe, les mises en pratique, les questionnements des uns et des autres m'ont permis d'avancer à mon rythme dans l'acquisition de ces habiletés langagières. Maintenant, les ateliers Faber et Mazlish sont très répandus, il y a même un site qui répertorie les animateurs  et les ateliers (http://www.legrandatelierdesparents.fr/) Ce qui m'a aidée aussi a été d'afficher ici et là les fiches récapitulatives (nos toilettes en étaient tapissées :-p), expérimentation, expérimentation :-D

         Je viens de relire les livres. Avec grand plaisir et avec un regard nouveau aussi. Je constate que j'ai modifié pas mal d'outils, j'en ai gardé l'essence mais je me les suis appropriés. J'en ai laissé tomber d'autres qui m'inspiraient moins. J'ai fait en fait ce que je vous avais invité à faire ici : http://amandadutruch.blogspot.com/2011/10/propos-des-outils.html
Expérimentations, ajustements, encore des expérimentations pour arriver à créer vos propres outils adaptés à vous et à votre vie de famille, ça vous dit ?