lundi 14 novembre 2011

Après le tennis chez A.

Voici un nouveau cas pratique, chez A.
A : "je vois tes affaires de tennis par terre dans l'entrée"
C (7 ans) :"et alors ?"
A : "eh bien d'après toi ?" 
C : "bah je m'en fiche"
A : "ok, admettons que tu t'en fiches que tes affaires soient piétinées dans l'entrée ; mais moi je ne m'en fiche pas, je n'aime pas voir l'entrée de mon appartement avec du bazar par terre et cela m'énerve que tu ne prennes pas soin de tes affaires"
C : "oui mais moi je m'en fiche alors t'as qu'à t'en occuper si ça te gêne"
A : "non je ne vais pas m'en occuper, ce sont tes affaires et je n'ai pas envie de les ramasser ; tu as une idée pour que ça se passe mieux ?"
C : "bah non et je m'en fiche"
 => c'est exactement à ce moment que la conversation a dégénéré.


Que s'est-il passé dans cette scène ? Qu'est-ce qui a fait que A. n'a pas su susciter la coopération chez sa fille ? 
Les affaires de sa fille traînent dans l'entrée, A.  engage le dialogue avec C. mais la solution, elle l'a déjà en tête : que sa fille aille ranger ses affaires. C. sent l'exigence de sa mère et se ferme. Elle aurait tout aussi bien pu la sommer d'aller ranger ses affaires (ce qu'elle a sans doute fini par faire :-p), cela aurait eu le même effet. Quand on engage le dialogue avec son enfant face à un problème, il est nécessaire de rester dans l'ouverture, sinon bien souvent, on se heurte à un mur, l'enfant voit le parent arriver et même si celui-ci y met les formes, l'enfant sent que le parent veut l'amener à faire quelque chose.
Avant d'engager le dialogue et la recherche commune de solution, je vous invite à de l'écoute intérieure : Quelles sont mes motivations ? Dans quel état d'esprit vais-je aborder le dialogue avec mon enfant ? Dans le cas de A., suis-je disposée à convenir d'une autre solution que celle à laquelle j'ai pensé (que C. range ses affaires tout de suite ou un peu plus tard) ? Suis-je disposée à entendre les sentiments de ma fille ? C'est ce qui se passe en vous qui va déterminer les actions à mettre en oeuvre face à ce problème.
Si vous vous sentez dans l'ouverture, engagez le dialogue avec votre enfant, émettez des solutions négociables, discutez-en. Il peut être judicieux de commencer dans un premier temps hors situation, à froid. Ainsi, l'émotionnel a moins tendance à rentrer en scène ;-)
Si la réponse est non et dans le cas de A., je crois bien que c'est le cas, commencez par accepter la situation telle qu'elle est "je déteste le bazar, il est vraiment important pour moi que l'espace commun reste rangé et je souhaite que chacun y contribue" (je formule des hypothèses à propos de ce que ressent A. pour illustrer mon propos, elle viendra peut-être nous dire ce qu'elle a réellement identifié ;-) ) Pourquoi pas alors ajouter cette donnée au cadre que vous souhaitez donner à votre vie familiale ? "Quand on rentre d'une activité, on range ses affaires aussitôt" ou de manière plus générale "dans l'espace commun chacun range ses affaires" au même titre que dans certaines familles, on se déchausse en rentrant ou on se lave les dents avant d'aller se coucher. Ce sont des habitudes de vie familiale que chacun connaît (à partir d'un certain âge) et met en oeuvre en fonction de ses capacités ;-).


4 commentaires:

Anonyme a dit…

Oui, ça me parle ça. C'est vrai que lorsqu'on arrive à différer le moment où la colère monte et le moment où on s'adresse à l'enfant, c'est beaucoup mieux. Des fois, je pars en râlant toute seule dans ma chambre en répétant ah ça m'énerve, ca m'énerve, ça m'énerve. Une fois la pression retombée, quand je ressors et vais vers l'enfant, la solution se trouve en trois secondes. Chacun a digéré. Bon. Ça c'est quand j'arrive à me dire stop au bon moment :)
Gwen

Drago a dit…

Je me rends compte que pour moi la solution je la connais avant de débuter le dialogue. Il faut que je m'évertue à restée ouverte. Enfin je en doute pas d'y arriver à ton contact vu le chemi parcouru...

Z a dit…

Alors j'ai testé avant hier le: "je vois des choses sur la table" (j'étais super zen car ce n'est qu'un grain de sable noir dans la marée noire du désordre et parce que j'essayais :p ). Un étonnement du style "c'est à nous qu'elle cause?". Je repète la phrase. Les filles se retournent l'air hagard. E me dit "je ne vois rien" (hihi!)et M. dit "oh non, tu veux qu'on range...". Je n'ai eu qu'à répondre "oui" . Aujourd'hui comme tous les jours la petite table est encore encombrée tout comme mon bureau, leur chambre, leur salle de jeu, la table du salon...arghhhh AU SECOURS !

Anonyme a dit…

Un truc que j'ai piqué dans un journal, et qui a très bien marché ici depuis hier, c'est le "soit...soit...".

Je m'explique:
Au lieu de menacer: "SI tu ne ranges pas ton manteau, JE vais me fâcher".
On utilise l'alternative:
"SOIT tu ranges ton manteau, SOIT il va traîner, on va marcher dessus et il sera tout cradoc demain".

Ben là, miraculum ! Ma fille a été ranger son manteau.

Je crois de toute façon qu'on devrait varier les formules, mais j'ai l'impression de manquer de créativité !!

Judith

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