lundi 12 décembre 2011

Un mercredi chez C.

         Un nouveau cas récurrent, le mercredi chez C.. En début d'après midi, sa fillette de 5 ans va à la danse. Elle adore y aller, c'est très important pour elle d'autant qu'elle y retrouve ses 2 copines. Pourtant, c'est systématique, chaque mercredi, la préparation pour aller à la danse se fait dans le stress et les cris.  Elles finissent toujours par partir en retard, très énervées. C. a essayé d'anticiper en prévenant sa fille très tôt dans la matinée pour qu'elle se prépare à temps mais rien n'y fait. Ce n'est vraiment pas un moment agréable pour personne !
Ces situations récurrentes sont difficiles à vivre car elles entraînent de la crispation de part et d'autre, de la part du parent qui se dit : "Aaaah ça va encore se passer comme ça !" et de la part de l'enfant qui se dit : "Aaaaaah, maman va encore me demander ça!". Vous pouvez dès aujourd'hui décider que non, ça ne se passera pas comme les dernières fois et que vous allez trouver des solutions à votre problème. Croire en vos ressources avant de passer à l'action est une étape essentielle !
Dans ce cas précis, la fillette adore aller à la danse. Alors soit C. est prête à laisser sa fillette vivre la conséquence naturelle de ses actes (Elle ne se prépare pas à temps implique qu'elle risque d'arriver en retard à son cours de danse voire le manquer) quitte à en parler avec la prof de danse pour prévenir de son éventuel retard.  Soit le fait qu'elles arrivent en retard dérange C. et alors, très naturellement, elle l'exprime à sa fille et  fait en sorte que ce ne soit pas le cas.
Dans le premier cas de figure, C. pourrait prévenir sa fille une vingtaine de minutes avant le départ (C'est inutile de prévenir longtemps à l'avance, un enfant de 5 ans ne se repère pas encore bien dans le temps). "On part dans 20 minutes". Si la préparation tarde, je propose d'indiquer à l'enfant le risque qu'il prend "Oh je vois que tu es encore en pyjama. Soit tu vas t'habiller tout de suite, soit tu prends le risque qu'on parte en retard et que tu manques une partie du cours de danse. A toi de voir" La balle est dans son camp, c'est son choix. De votre côté, il n'y a pas d'énervement car ce n'est plus votre problème, vous laissez tout naturellement votre enfant expérimenter la conséquence de ses actes ;-)
Dans le 2ème cas de figure, imaginons que C. ne souhaite pas arriver en retard. Elle pourrait alors dire à sa fille : "On part dans 20 minutes, je m'attends à ce que tu sois prête au moment de partir, tu te rappelles, je n'aime pas du tout être en retard" Puis, si nécessaire un peu plus tard "Oh tu n'es pas encore habillée ? Il y a un problème ? Tu as besoin d'aide ? " Son retard dans la préparation peut cacher un besoin de partager un moment avec son parent, un besoin de contact... Répondez alors à son besoin (tout en écoutant le vôtre) et ouvrez-vous à ce moment privilégié avec votre enfant tout en gardant à l'esprit que le temps imparti est de 15 minutes ;-)
Même si ces 2 options sont possibles, je préconise malgré tout, dans le cas d'une situation récurrente, de commencer par l'écoute des besoins de l'enfant (liée à sa non-coopération) pour que la crispation s'atténue et que la relation redevienne plus fluide puis dans un 2ème temps (la semaine suivante ou un peu plus tard) de laisser votre enfant expérimenter la conséquence naturelle de ses actes. Vivre la conséquence naturelle de ses choix est un formidable outil d'autonomie pour l'enfant. "Je fais un choix, ah tiens ça a cette conséquence, bah je ferai pas comme ça la prochaine fois " N'oubliez pas que l'expérience n'est pas transmissible, nos enfants doivent faire leurs propres expériences pour avancer, apprendre, réajuster.

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