lundi 16 janvier 2012

Paul ce ouistiti

          Paul, 5 ans est très à l'aise dans son corps, il dit lui-même qu'il ressent beaucoup de plaisir à être en hauteur. Hmmm. Simplement, moi j'avais peur et ça posait problème dans notre relation. Je souhaite aujourd'hui partager avec vous mon cheminement à ce sujet.
Il y a quelques mois maintenant, aux jeux, Paul était très haut et j'ai ressenti une bouffée d'angoisse : "Et si il tombait ?" Je suis allée lui exprimer mon ressenti et lui demander s'il pouvait faire des choses moins acrobatiques et il m'a répondu : "Mais maman, occupe-toi de ta peur, moi je n'ai pas peur !" Bah oui, il s'agissait bien de mes peurs et non des siennes, j'en avais tout à fait conscience mais alors comment faire avec ? Comment faire en sorte que lui puisse développer ses compétences motrices en toute liberté (ou presque ;-) ) et que moi, je le vive bien ?
Ce que j'ai observé dans un premier temps, c'était qu'en fait, quand j'étais sous l'emprise de la peur, je n'étais plus en lien avec lui et cette capacité qu'il a à se mouvoir avec une grande agilité dans les airs. Je n'étais plus capable d'apprécier ses compétences dans ce domaine, j'étais comme happée par mes peurs et donc plus en lien avec ce qui se passait réellement. 
J'ai commencé par accepter que c'en soit ainsi : "Bon ok, j'ai peur". L'accueillir sans jugement, sans me dire que j'étais une affreuse mère de brider mon fils ainsi, non l'accueillir tout simplement. Je n'ai pas cherché à me forcer, à me faire violence, j'ai accepté d'en être là à cet instant T. L'accepter m'a permis de trouver des solutions pour le vivre mieux : fermer les yeux, c'était pas mal :-P détourner le regard quand la peur était trop présente aussi et lui exprimer quand vraiment ce n'était pas possible pour moi, ce qui arrivait de moins en moins au fil du temps. Et puis, je me suis concentrée sur la confiance que j'ai en lui. Il tenait encore plus que moi à son intégrité physique, c'était certain. Comment pouvait-il en être autrement ? Tous ses mouvements montraient combien il était sûr de lui. De mon côté, j'ai dépassé ma peur du vide en faisant de l'accrobranche notamment, je suis certaine maintenant que ça m'a grandement aidée dans ce processus. Dépasser mes propres peurs m'a été très bénéfique.
Et petit à petit, la peur s'est amoindrie. Bon, je ne vais pas aller jusqu'à vous dire que je kiiiiiifffffe graaaaave quand il est en haut de l'araignée et qu'il se tient par je ne sais quel miracle (mais ça, c'est mon interprétation des faits, ma réalité, pas la sienne) mais je le vis beaucoup mieux, j'ai confiance en lui et en ses ressources. En fait, maintenant, je m'aperçois que je ne l'observe presque plus si ce n'est que pour être témoin de ce plaisir qu'il a à être dans les airs.
Quel est l'enseignement à tirer de cette expérience ?
Nos peurs forment un écran entre nous et nos enfants. Quand nous sommes habités par nos peurs, nous ne sommes plus en lien ni avec nos enfants ni avec la réalité. Il est important alors d'en prendre la responsabilité et c'est parce que nous en prenons la responsabilité que nous pourrons trouver des solutions pour que ça se passe mieux pour nous et petit à petit lever le voile entre nous et nos enfants :-) Beau programme, hein ;-) 

3 commentaires:

une chansonlente a dit…

ça me parle beaucoup ce que tu écris sur le fait de faire confiance à l'autre dans ce qu'il entreprend.
Ca vaut pour nos enfants, mais aussi pour nos amis, notre conjoint, nos proches en général.
Il est difficile de se dépasser, d'aller là où on a vraiment envie d'aller, là où on est bien.
On prend déjà tant de précautions, à peser le pour , le contre...
Aimer l'autre c'est aussi lui faire confiance même lorsqu'il va là où nous n'oserions jamais aller pour nous même.
Cette confiance en soi que l'on acquiert à ce moment là quand on se sent soutenu est une richesse précieuse qui nous accompagne à vie dans notre estime de nous même.
Avec ma fille, je me reconnecte souvent à sa réalité (est-ce que tu es bien là? est-ce que tu as besoin d'aide?). Si j'ai peur qu'elle soit en déséquilibre, je lui demande "est-ce que tu te sens bien accrochée?) pour être sûre qu'elle ait conscience de son corps à ce moment-là.

cali a dit…

mais parfois, nnous avons peur pour eux, et cela leur évite de se mettre en danger également... par exemple, ici, c'est interdit de jouer dans les escaliers, car JE trouve ça dangereux, et ils risquent de tomber. c'est bien une peur à moi.... en meme temps, je pense que c'est mon role, et j'aime à veiller sur leur sécurité. Alors, comment faire la différence?

Amanda a dit…

Oups, j'ai oublié de répondre ! Merci Cali pour cette question. Pour moi, ce n'est pas la même chose. Le "Il est interdit de jouer dans les escaliers" appartient au cadre que tu as donné à ta vie de famille après avoir évalué les divers risques inhérents à ta maison et avec 4 enfants en bas-âge, tu as estimé qu'il était préférable qu'ils ne jouent pas dans les escaliers. J'imagine que tu as peur des bousculades dans les escaliers, cette peur est liée à la fratrie et non, à chacun d'entre eux comme c'était le cas pour moi avec Paul. Cela t'éclaire-t-il ?

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