lundi 5 mars 2012

Attendre qu'ils soient prêts

          Dans ma pratique qu'elle soit personnelle ou professionnelle, j'observe que bon nombre de conflits dans la relation parent-enfant proviennent du fait que l'enfant n'est pas encore prêt  à faire ce que ses parents lui demandent de faire. Tout simplement. 
2 exemples me reviennent en mémoire ce matin. Le premier sur le moment d'enlever les couches pour un bambin. C'est une grande étape pour l'enfant, c'est bien plus qu'abandonner les couches ou une histoire de pot, c'est s'éloigner encore un peu plus du statut de bébé et devenir autonome quant à ses besoins d'élimination. Une grande étape pour lui, donc que lui seul sait quand il sera prêt à la franchir. Ce n'est pas un processus conscient, un jour c'est simplement le moment pour eux ! Anticiper le processus et engager le sans couches sans que l'enfant en manifeste l'envie peut du coup être long et fastidieux. Je me souviens encore de cette maman qui me partageait il y a quelques années : "Je ne comprends pas, E. sait très bien à quoi servent les toilettes, je lui pose la question toutes les 10 minutes pour savoir si il a envie de faire pipi et pourtant il y a plein d'accidents, j'en peux plus de me balader avec la serpillère" Oui oui, ça peut vraiment être pénible. Pour tout le monde. Bien entendu, la vie fait que nous ne pouvons pas toujours attendre que notre enfant soit prêt à faire ceci ou cela. Pour reprendre l'exemple des couches, je pense notamment à l'entrée à l'école. Néanmoins, je souhaiterais attirer votre attention sur la responsabilité que nous avons à ce moment-là. C'est difficile ? C'est plus long que vous ne l'aviez imaginé ? Gardez en mémoire que le processus est à votre initiative et que donc il y a des chances pour qu'en effet, ce soit moins facile.
Le 2ème exemple est un exemple personnel. Paul, 5 ans a longtemps été intimidé par les adultes. Tous les matins, à l'entrée de son école maternelle, je saluais D. qui était toujours là près de la porte d'entrée et D. invariablement disait bonjour à Paul qui... ne lui répondait pas. Il faisait comme si elle n'existait pas (la claaaaaaasse !) ou se cachait derrière moi. Je lui ai laissé le temps et puis au bout de 2 mois, il a lancé un : "Bonjour D. !" Rhooooo comme il était fier de lui ce jour-là d'avoir franchi cette peur qu'il avait de l'adulte ! Depuis, il dit bonjour tous les matins avec plaisir et va même de sa propre initiative jusqu'à embrasser D. ce qui était inenvisageable pour lui au début de l'année.
Chaque enfant est différent. Ce qui sera facile et naturel pour l'un pourra prendre plus de temps pour l'autre. Et vice versa. Evitez de regarder à gauche et à droite, les comparaisons sont stériles et peuvent être à l'origine de souffrances : "Oh là là, l'enfant de ma voisine parle déjà couramment à l'âge de 2 ans alors que mon fils ne parle toujours pas !" Et laissez votre enfant autant que possible franchir les étapes de son autonomie à son rythme en ayant l'assurance que cela viendra quand il sera prêt.

3 commentaires:

Géraldine a dit…

ça me parle beaucoup ça aussi, essayer de distinguer ce qui vient de nous ou ce qui vient d'eux. En prendre conscience, c'est un premier pas :)
J'aime ton exemple du bonjour, Prune pour ça est super spontanée. Jamais un bonjour (ou bien c'est rare), mais par contre des au revoir hyper généreux...
c'est dur de passer outre nos reflexes de base (il FAUT dire bonjour pour paraître poli), mais quelle belle surprise quand l'élan est spontané, c'est encore bien plus précieux :)

Amanda a dit…

Oh oui, c'est encore bien plus précieux comme tu dis !!

Anonyme a dit…

et sur le bonjour, au revoir, la valeur de l'exemple (souvent renouvellé) est bien plus judicieuse que les "il faut que"... ça vient quand ça doit... (et pas si pour faire référence à un autre post;))
bijou

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