lundi 2 avril 2012

Une méditation

          Depuis quelque temps, dès son lever le matin ou dès qu'il rentrait de l'école, Martin se jetait sur l'ordinateur pour y regarder des jeux en ligne. Cela m'agaçait vraiment. Le caractère impulsif de son comportement, le fait que rien d'autre n'existait à ce moment-là, qu'il fallait que vite vite vite, il aille sur l'ordinateur provoquait chez moi des sentiments très désagréables. Je gérais comme je pouvais, souvent en m'éloignant mais cette sensation d'agacement revenait à chaque fois que la situation se représentait et ça m'était pénible.
Qui n'a pas déjà eu la sensation que son enfant venait appuyer sur ses points sensibles ? Et qu'il venait même parfois appuyer avec insistance au même endroit ?
En fait, quand un comportement de notre enfant nous fait réagir, c'est le signe qu'il y a un événement dans notre histoire (passée ou présente) avec lequel nous ne sommes pas en paix. Parce qu'on a été blessé à ce moment-là, parce qu'on a été en danger... Bref, notre réaction est un signal qu'il y a quelque chose qui est encore actif en nous.  Les comportements de nos enfants qui nous font réagir sont donc une formidable occasion qui nous est offerte pour amener de la paix dans ces zones en nous qui ne le sont pas encore.
Pour ce faire, il n'est pas nécessaire d'identifier précisément les événements en question mais simplement d'identifier dans notre corps la zone sensible (notre corps garde en mémoire toutes nos expériences passées) et de lui accorder toute notre attention. Rappelez-vous cette phrase de Carl Jung que j'ai déjà citée ici : "Tout ce à quoi l'on résiste, persiste et tout ce que l'on embrasse s'efface". Il s'agit bien de cela, d'accueillir ce qui est là pour que flouf, ça s'envole ! Vous êtes prêts ?

Je vous invite à vous livrer à cette expérience inspirée de ma pratique de la méditation que j'ai adaptée à la relation parent-enfant:


  • Pour commencer, identifiez un comportement de votre enfant qui génère en vous de l'agacement voire de la colère ou du rejet.
  • Mettez des mots sur ce comportement comme je l'ai fait plus haut avec ce qui se passait avec Martin.
  • Choisissez un moment où vous avez l'assurance de ne pas être dérangé(e) pendant une dizaine de minutes.
  • Fermez les yeux
  • Visualisez la scène avec votre enfant et dirigez votre attention sur votre corps pour identifier la zone de votre corps qui entre en résonance avec le comportement de votre enfant. Ainsi, vous vous mettez en lien avec ce qui vous appartient dans cette histoire. Cela peut être une sensation diffuse ou très précise. Cela peut être dans n'importe quelle partie de votre corps : la gorge, le plexus, les pieds, les mains...
  • Accueillez cette sensation sans essayer de la changer. Accordez-lui toute votre bienveillante attention.
  • Maintenez cette attention une minute ou 2. Des pensées peuvent venir, laissez-les passer et continuez de vous concentrer sur cette sensation.
  • Visualisez de nouveau la scène avec votre enfant. Est-ce que votre réaction est la même ? Vous sentez-vous plus apaisé(e)?
  • Renouvelez cette expérience les jours suivants jusqu'à ce que le comportement de votre enfant n'éveille plus d'émotions particulières.


Pour travailler sur mon agacement, j'ai fait cette méditation 3 fois, 3 jours de suite. Au bout de 3 fois, quand je visualisais Martin se jetant sur l'ordinateur, je ne ressentais plus rien. Raaaaaah c'était bon ! Le soir suivant, en rentrant de l'école, Martin a demandé à prendre un bain plutôt que d'aller sur l'ordi. Le 2ème soir, il a sorti ses toupies Beyblade. Depuis, il a recommencé à aller sur l'ordi mais moins souvent et moins dans cette urgence dans laquelle il était auparavant et moi, ça n'éveille plus rien en moi. 
Vous trouvez cela surprenant ? Je vous invite tout simplement à l'expérimenter par vous-même ! Laissez toute sa place à l'expérimentation sans essayer de comprendre ou d'analyser ce qui se passe, VIVEZ-le !

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire